Compétitivité IMD 2026 : La Suisse chute au 3e rang mondial
La Suisse perd sa première place au classement mondial de la compétitivité de l’IMD, reculant au 3e rang sur 70 économies analysées. Publié aujourd’hui, le rapport 2026 place Singapour en tête, suivi de Hong Kong. Ce déclassement s’explique principalement par un effondrement de l’indicateur de performance économique, où la Confédération chute de 24 places pour atterrir au 37e rang. C’est la première fois depuis 2020 que le pays n’occupe pas l’une des deux premières marches du podium.

Chiffres clés
- 3e — rang sur 70 économies évaluées en 2026
- -2 places — perte nette par rapport au 1er rang de 2025
- 37e — position pour l’indicateur de performance économique
- -24 places — chute de la performance économique en un an
- 1er — rang mondial pour Singapour, qui reprend la tête du classement
- N°1 — position maintenue pour la qualité des infrastructures et des services publics
Quel est le nouveau rang de la Suisse dans le classement IMD 2026 ?
La Suisse est classée 3e économie la plus compétitive au monde en 2026, un recul de deux places par rapport à son 1er rang de l’année précédente. Le World Competitiveness Center de l’IMD, basé à Lausanne, établit ce palmarès en agrégeant 336 critères, dont deux tiers proviennent de données statistiques dures et un tiers d’enquêtes auprès de dirigeants d’entreprise. Singapour, qui reprend la 1re place, et Hong Kong (2e) devancent désormais la Confédération. Bien qu’en baisse, cette 3e place maintient la Suisse dans le trio de tête mondial, une position qu’elle occupe de manière quasi ininterrompue depuis plus de 10 ans, témoignant de fondamentaux solides malgré une conjoncture difficile.
Pour aller plus loin : Pourquoi la performance économique de la Suisse a-t-elle chuté ?
Pourquoi la performance économique de la Suisse a-t-elle chuté ?
Le facteur déterminant du recul helvétique est la forte dégradation de sa performance économique, qui plonge de la 13e à la 37e place. Cette contre-performance s’explique par une combinaison de facteurs externes et internes. Le rapport de l’IMD met en évidence l’impact négatif des droits de douane imposés par les États-Unis sur certains secteurs exportateurs clés, ainsi qu’une baisse significative des investissements directs étrangers (IDE) au cours des 18 derniers mois. Le franc suisse, qui se maintient à un niveau élevé face à l’euro et au dollar, continue de peser sur la rentabilité des entreprises exportatrices. L’incertitude autour de certains dossiers, comme la fiscalité et loisirs à Genève et dans d’autres cantons, est également citée comme un frein par les cadres sondés.
Pour aller plus loin : Comment Singapour et Hong Kong ont-ils dépassé la Suisse ?
Comment Singapour et Hong Kong ont-ils dépassé la Suisse ?
Singapour et Hong Kong ont surclassé la Suisse grâce à leur dynamisme sur les piliers de la performance économique et de l’efficacité commerciale. Singapour (1er) a bénéficié d’une forte reprise de son commerce international et d’une grande agilité de ses politiques publiques pour attirer les capitaux. La cité-État a enregistré une croissance des IDE de 8 % sur la période. Hong Kong (2e) tire parti d’une fiscalité des entreprises parmi les plus basses des économies avancées (16,5 %) et d’une efficacité administrative qui facilite les affaires. En comparaison, la Suisse, malgré ses forces structurelles, pâtit d’une certaine lenteur décisionnelle inhérente à son modèle de consensus politique, un point souligné par Arturo Bris, directeur du centre de l’IMD.
Pour aller plus loin : Quel est l’impact de ce recul pour l’économie genevoise ?
Quel est l’impact de ce recul pour l’économie genevoise ?
Pour l’écosystème genevois, ce déclassement national accentue la pression concurrentielle. La place financière, qui représente plus de 15 % du PIB cantonal et emploie près de 37 000 personnes, est en compétition directe avec Singapour et Hong Kong pour la gestion de fortune et le négoce de matières premières. Le coût élevé du franc pèse sur l’attractivité de la ville pour les sièges sociaux de multinationales, qui évaluent les coûts opérationnels à l’échelle mondiale. Le secteur du luxe et de l’horlogerie, vital pour la région, est également sensible à la fois à la force de la monnaie et à l’image de compétitivité globale du pays, qui peut influencer les décisions d’investissement à long terme.
Pour aller plus loin : Quels sont les atouts restants pour un rebond de la Suisse ?
Quels sont les atouts restants pour un rebond de la Suisse ?
Malgré le recul, la Suisse conserve des avantages compétitifs structurels de premier ordre. Le pays reste numéro 1 mondial pour la qualité de ses infrastructures (notamment ferroviaires et aéroportuaires) et l’efficacité de son secteur public (santé, éducation). Son système de formation duale garantit une main-d’œuvre hautement qualifiée, un atout majeur pour l’innovation. D’ailleurs, la Suisse est classée première en matière d’innovation par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) pour la 13e année consécutive. Ces piliers de stabilité et de qualité, combinés à une forte R&D, constituent une base solide pour un rebond dans le classement 2027, à condition que la conjoncture économique s’améliore.
Pour aller plus loin : Quels indicateurs clés faut-il surveiller pour anticiper le classement 2027 ?
Comparaison rapide
| Économie | Rang 2026 | Rang 2025 |
|---|---|---|
| Singapour | 1er | — |
| Hong Kong | 2e | — |
| Suisse | 3e | 1re |
| Danemark | 4e | 2e |
| Irlande | 5e | 3e |
À surveiller
- Fin 2026 : Publication des prévisions de croissance du PIB par le SECO. Une prévision supérieure à 1,5 % serait un signal positif pour l’indicateur de performance économique.
- T4 2026 – T1 2027 : Évolution du cours EUR/CHF. Un passage durable au-dessus du seuil de 0.98 pourrait alléger la pression sur les marges des exportateurs.
- Prochaines annonces : Décisions du Département du Commerce américain sur les droits de douane. Tout assouplissement visant les produits suisses aurait un impact direct.
- Juin 2027 : Publication du prochain classement IMD, qui intégrera les données économiques complètes de l’année 2026.
FAQ
Quel rang occupe la Suisse dans le classement IMD 2026 ?
La Suisse occupe le 3e rang mondial sur 70 économies dans le classement IMD 2026. C’est un recul de deux places par rapport à 2025, où elle était classée 1re.
Pourquoi la Suisse perd-elle des places ?
La principale raison est la chute de son indicateur de « performance économique », qui a reculé de 24 places pour se classer 37e. L’IMD cite les droits de douane américains, une baisse des investissements directs étrangers (IDE) et la force du franc comme causes majeures.
Qui occupe la première place en 2026 ?
Singapour occupe la 1re place du classement 2026, reprenant la tête. Hong Kong se classe 2e, juste devant la Suisse (3e).

Marc-Antoine Villeneuve — Analyste en actifs alternatifs & Directeur Éditorial de L’Index Geneva Open. Ancien analyste patrimoniaux pour des family offices genevois. Suit les marchés horlogers, immobiliers et les cercles de jeu helvétiques depuis plus de 15 ans.
